Correction du 21 septembre 2026. La première version de cette note annonçait 411 jours de délai médian, 128 jours pour les ventes les plus rapides, et un rapport de 3,1 « stable partout ». Un contrôle de biais a montré que notre méthode de rapprochement retenait trop souvent le diagnostic d’un logement voisin ou d’une ancienne location, ce qui gonflait les délais. Les chiffres ci-dessous sont recalculés sur les ventes dont le diagnostic a moins de 12 mois. La conclusion principale de la première version, un écart indépendant du marché local, ne tient pas : nous l’avons retirée.
En bref : sur nos 300 communes, le délai médian entre le diagnostic d’un logement et la signature de l’acte est de 214 jours, environ sept mois. Les 10 % de ventes les plus rapides bouclent en 97 jours, un peu plus de trois mois. Comme environ trois mois séparent toujours le compromis de l’acte, ces ventes-là trouvent leur acquéreur dans les toutes premières semaines qui suivent le diagnostic.
La mesure : premier décile contre médiane
Le délai que nous suivons court entre la date du diagnostic de performance énergétique, obligatoire pour publier une annonce, et la date de signature de l’acte notarié. Il couvre à la fois la commercialisation et le passage chez le notaire. Seules les ventes dont le diagnostic a moins de 12 mois sont comptées. La méthode complète est détaillée sur la page combien de temps faut-il pour vendre, et la notion elle-même dans notre glossaire.
Deux repères sont calculés pour chaque commune :
- la médiane : la moitié des biens vendent plus vite, l’autre moitié plus lentement ;
- le premier décile : les 10 % de biens les plus rapides.
Sur l’ensemble des 300 communes suivies, en 2025 :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Délai médian | 214 jours (~7 mois) |
| Premier décile | 97 jours (~3 mois) |
| Rapport médiane / décile | 2,2 |
| Rapport dans la moitié centrale des communes | de 2,0 à 2,3 |
| Rapport le plus faible observé | 1,5 |
| Rapport le plus élevé observé | 2,9 |
| Communes où la médiane dépasse six mois | 260 sur 300 |
Dans la commune médiane, 118 jours séparent la vente rapide de la vente médiane : environ quatre mois, sur le même marché, la même année, dans la même ville.
Trois mois, c’est presque uniquement la procédure
Le chiffre le plus parlant est celui du premier décile. Entre le compromis et l’acte authentique, il faut compter 10 à 12 semaines, et ce délai ne se négocie pas. Une vente bouclée en 97 jours du diagnostic à l’acte a donc trouvé son acquéreur deux à trois semaines après le diagnostic.
Autrement dit, une vente sur dix se conclut presque sans phase de commercialisation. Pour la vente médiane, la commercialisation dure environ quatre mois de plus.
L’écart dépend aussi du marché local
La première version de cette note affirmait que l’écart entre les ventes rapides et la vente médiane était le même partout, quel que soit le marché. Les chiffres corrigés disent autre chose.
Le délai médian croît avec la taille de la commune : de 137 jours à Bar-le-Duc ou 140 jours à Guipavas, les plus rapides du panel, à 267 jours à Paris. Et l’écart interne suit en partie le même mouvement : le rapport entre médiane et premier décile est de 1,9 à Guipavas, de 2,3 à Paris. Là où le marché est rapide, les ventes ordinaires se rapprochent des ventes les plus rapides.
Le marché local pèse donc à la fois sur le niveau du délai et sur la dispersion autour de ce niveau. Les études régionales détaillent ces écarts territoire par territoire, par exemple celle de la Bretagne.
Ce que la donnée ne dit pas
Nos données mesurent des durées, pas des comportements. Nous ne savons pas si un bien rapide l’a été grâce à un prix d’annonce bien calibré, à un acheteur déjà en recherche, à un bien intrinsèquement recherché, ou simplement à la chance.
Deux autres réserves. Le premier décile inclut mécaniquement les ventes les plus simples : biens standards, acheteurs sans condition de financement, dossiers sans complication. Et la médiane sous-estime les ventes les plus lentes, puisqu’une vente conclue avec un diagnostic de plus d’un an n’est pas comptée.
Pourquoi nous publions une médiane, et jamais une moyenne
Une remarque de méthode, qui explique pourquoi ces chiffres diffèrent de ceux qu’on lit ailleurs.
La distribution des délais de vente est très asymétrique : beaucoup de ventes se concluent en quelques mois, une minorité s’étire sur de longs mois. Dans ce type de distribution, la moyenne est tirée vers le haut par la queue lente et ne décrit la situation de personne — ni celle du vendeur rapide, ni celle du vendeur ordinaire.
La médiane, elle, répond à une question que le vendeur se pose vraiment : « une vente sur deux se conclut en combien de temps ? ». Et le premier décile répond à la seconde : « à quoi ressemble une vente qui se passe bien ? ». C’est la raison pour laquelle nous ne publions jamais de délai moyen, sur aucune page du site.
Le corollaire vaut aussi pour les prix : le prix médian au m² que nous affichons n’est pas un prix moyen, pour exactement les mêmes raisons.
Ce qu’un vendeur peut en tirer
Le scénario rapide est une vente presque immédiate. Un peu plus de trois mois du diagnostic à l’acte, procédure notariale comprise, c’est une vente où l’acquéreur est trouvé en quelques semaines. Si votre horizon est de vendre avant une date précise, c’est une référence optimiste, pas une référence normale : comptez plutôt sept mois.
Les premières semaines comptent le plus. Puisque les ventes rapides se jouent juste après la mise en vente, c’est à ce moment que le prix d’annonce, la qualité des photos et du descriptif, et la réactivité aux demandes de visite pèsent le plus. Ces leviers sont détaillés dans prix, délai, présentation : sur quoi un vendeur peut vraiment agir et, de façon plus opérationnelle, dans comment réduire son délai de vente.
Le prix reste le levier le plus direct. C’est le seul qui agisse à la fois sur le nombre de visites et sur la probabilité qu’une offre arrive. L’arbitrage entre vitesse et prix est chiffré dans vendre vite ou vendre cher, et la méthode d’estimation dans comment estimer le juste prix de son bien.
Le dossier complet évite de perdre les semaines faciles. Un titre de propriété introuvable ou un diagnostic manquant ne rallonge pas la commercialisation, mais bien la phase notariale, celle qu’on croyait acquise. La liste des pièces à réunir est dans le dossier de vente entre particuliers.
Voir le chiffre de votre commune
Le délai médian et le premier décile sont affichés sur la page de chaque commune suivie, avec le nombre de transactions qui les sous-tendent et la position de la ville dans le classement national. La liste complète est sur la page des communes, et la comparaison entre régions sur la page délai de vente.
Les séries sont également téléchargeables en open data sous Licence Ouverte sur la page données ouvertes.
Sources et méthode : croisement de la base DVF+ du Cerema (ventes) et de la base des DPE de l’ADEME, année de référence 2025. Le délai est calculé entre la date du DPE et la date de l’acte notarié, sur les mutations d’un seul logement, pour les ventes dont le DPE a moins de 12 mois. Indicateur indicatif : il ne mesure ni la durée de présence d’une annonce en ligne, ni les biens qui ne trouvent pas preneur, et il sous-estime les ventes conclues avec un diagnostic ancien.