En bref : la règle de calcul du DPE a changé le 1er janvier 2026 et changera de nouveau le 1er janvier 2027. Si votre diagnostic est antérieur et que votre logement est chauffé à l’électricité, l’étiquette imprimée sur votre document n’est probablement plus celle que la réglementation lui attribue aujourd’hui. La correction ne coûte rien et ne demande pas de nouvelle visite : une attestation officielle de nouvelle étiquette se télécharge sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME avec le numéro du DPE. Pour un bien classé F, cela peut signifier cesser d’être une passoire thermique avant même la première visite.
Un vendeur fait établir son DPE au début du parcours, puis n’y repense plus. C’est logique : le document est valable dix ans. Mais entre le diagnostic et la signature, ce n’est pas seulement le marché qui bouge — c’est parfois la règle de calcul elle-même. Elle a bougé deux fois en dix-huit mois, et la seconde fois est passée à peu près inaperçue.
Une étiquette DPE n’est pas une mesure, c’est un calcul
C’est le point de départ, et il est mal connu. Le DPE ne note pas l’énergie que vous payez : il note l’énergie primaire, c’est-à-dire celle qu’il a fallu produire pour vous livrer celle que vous consommez. Entre les deux, il y a un facteur de conversion — le coefficient d’énergie primaire.
Pour le gaz ou le fioul, l’écart est faible. Pour l’électricité, il dépend du rendement du parc de production, et c’est là que la réglementation intervient. Ce coefficient valait 2,58 à l’origine. Il est passé à 2,3 lors de la refonte du DPE de juillet 2021. L’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025, l’a abaissé à 1,9 au 1er janvier 2026, alignant la France sur la valeur par défaut retenue au niveau européen.
Concrètement : là où un kilowattheure d’électricité consommé comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire, il n’en compte plus que 1,9. À consommation identique, dans le même logement, sans avoir touché à quoi que ce soit, la note s’améliore.
Le ministère de la Transition écologique chiffre l’effet : environ 850 000 logements sortent des classes F et G sans travaux, sur les 4,8 millions de passoires que comptait le parc de résidences principales au 1er janvier 2023. Et il prend soin de préciser ce qu’un propriétaire veut savoir en premier : « Aucun logement ne verra son étiquette baisser. »
Et ce n’est pas fini : 1,7 au 1er janvier 2027
Le deuxième texte est plus récent. L’arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, abaisse le même coefficient de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027. Il abroge à cette date celui de 2025 — les attestations déjà délivrées sous le régime 1,9 restant, elles, valables jusqu’à leur terme.
Le ministère estime que ce second palier fera sortir environ 300 000 logements supplémentaires du statut de passoire, sur les 3,2 millions recensées au 1er janvier 2025.
Un mot de prudence sur ces deux chiffres, parce qu’ils vont beaucoup circuler dans les mois qui viennent : ils ne s’additionnent pas. Ils ne portent ni sur la même année de référence — 2023 pour le premier, 2025 pour le second — ni sur le même parc de départ, précisément parce que le premier a déjà fait son effet entre-temps. Additionner 850 000 et 300 000 pour annoncer « 1,15 million de passoires effacées » serait une erreur de lecture, du même ordre que celles que nous détaillons à propos de la décote DPE.
Le geste concret : l’attestation gratuite de l’ADEME
C’est l’information la plus utile de cet article, et celle qu’on trouve le moins.
Vous n’avez pas besoin de refaire un diagnostic pour bénéficier du nouveau calcul. Depuis le 1er janvier 2026, une attestation officielle de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr). Il suffit du numéro à treize caractères qui figure sur votre DPE — ou de l’adresse du bien.
Ce qu’il faut retenir de ce document :
- Il est gratuit et immédiat, et aucun diagnostiqueur ne revient sur place.
- Il conserve la durée de validité du DPE d’origine, qui reste par ailleurs pleinement valable.
- Il constitue un document officiel, utilisable pour une vente comme pour une demande d’aide à la rénovation.
- Il concerne les DPE établis après le 1er juillet 2021. Les diagnostics plus anciens relèvent d’une autre méthode et, pour l’essentiel, ne sont plus valables aujourd’hui.
- Pour le palier suivant, les attestations « 1,7 » seront téléchargeables à partir du 1er janvier 2027.
Si votre DPE date de 2022, 2023, 2024 ou 2025 et que votre logement est chauffé à l’électricité, la vérification prend quelques minutes et ne présente aucun risque : dans le pire des cas, l’étiquette est inchangée.
Ce que le reclassement change vraiment à une vente
Le gain n’est pas cosmétique, mais il est précis, et il vaut mieux savoir où il s’arrête.
Un bien qui passe de F à E cesse d’être une passoire thermique — cette catégorie ne recouvre que les classes F et G. Il sort donc de l’échéance du 1er janvier 2028, date à laquelle les logements classés F ne pourront plus être proposés à la location. Ce calendrier ne porte jamais sur la vente, qui reste libre, mais il pèse lourdement sur la demande : un acquéreur investisseur intègre l’interdiction à venir dans son offre. Un bien qui en sort change de catégorie dans la tête de l’acheteur avant de changer de prix.
Deux limites, en revanche, qu’il serait malhonnête de passer sous silence :
- L’audit énergétique reste dû. Il vise la classe E depuis le 1er janvier 2025, comme il visait déjà les F et G depuis le 1er avril 2023, pour les maisons individuelles et les immeubles détenus par un seul propriétaire. Passer de F à E ne dispense de rien sur ce point — nous avons consacré un dossier entier aux logements classés E pour cette raison.
- L’interdiction de location rattrape la classe E au 1er janvier 2034. Le reclassement achète six ans, il ne referme pas le sujet.
Combien de vendeurs sont concernés ? Ce que nous pouvons dire — et pas
Sur les 300 communes que nous suivons, 1 352 797 diagnostics ont été déposés dans la base publique de l’ADEME en 2025. Parmi eux, 109 655 sont classés F ou G (8,1 %) et 218 507 sont classés E (16,2 %) : près d’un quart des logements diagnostiqués se situe donc dans la zone où un demi-niveau de calcul se voit. La part de passoires varie fortement d’une ville à l’autre — la médiane de notre panel est de 6,3 % — et la valeur de votre commune figure sur sa page.
Précaution de méthode, la même que sur toutes nos pages : ces parts portent sur les logements diagnostiqués, c’est-à-dire ceux mis en vente ou en location, et non sur l’ensemble du parc de la ville.
Voici maintenant ce que nous ne ferons pas, et pourquoi. Nous ne recalculons aucune étiquette, et nous n’annoncerons pas « X logements de votre commune vont être reclassés ». La base publique ne donne ni le mode de chauffage ni la consommation par vecteur d’énergie pour chaque logement : rien ne permet donc de savoir lesquels basculent. Le reclassement dépend du chauffage électrique et de la position exacte du logement dans sa classe — deux informations dont nous ne disposons pas. Transposer le ratio national à notre panel produirait un chiffre d’apparence précise et sans fondement.
C’est pour la même raison que les étiquettes publiées sur ce site portent désormais, sur chaque page, la mention du régime sous lequel elles ont été calculées. Nos données viennent de diagnostics déposés entre 2022 et 2025 : elles relèvent toutes du coefficient 2,3. Elles sont exactes à leur date, et c’est cette date qu’il faut lire avec elles. Le même avertissement figure sur notre dossier passoires thermiques.
Le calendrier à retenir
| Date | Coefficient | Texte |
|---|---|---|
| Juillet 2021 | 2,58 → 2,3 | Refonte du DPE |
| 1er janvier 2026 | 2,3 → 1,9 | Arrêté du 13 août 2025 |
| 1er janvier 2027 | 1,9 → 1,7 | Arrêté du 19 août 2026 |
Si vous vendez dans les mois qui viennent avec un DPE établi avant 2026, le réflexe utile tient en une ligne : allez chercher votre attestation avant de faire vos photos. C’est gratuit, et il vaut mieux découvrir un reclassement maintenant que l’apprendre d’un acquéreur.
Sources. Arrêté du 13 août 2025 modifiant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité relatif au diagnostic de performance énergétique (JO du 26 août 2025). Arrêté du 19 août 2026 modifiant ce même facteur (JO du 26 août 2026), en vigueur au 1er janvier 2027. Ministère de la Transition écologique — communiqué du 26 août 2025 et FAQ « Modification du facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité ». ADEME — Observatoire DPE-Audit, attestation de nouvelle étiquette. Données locales : base DPE ADEME (logements existants), diagnostics déposés en 2025 dans les 300 communes couvertes par vendrebien.com.